Pourquoi tu n’arrives pas à tenir un régime ?
Introduction
Tu as déjà fait un régime, tu as perdu du poids, tu étais motivé·e… puis quelques semaines (ou mois) plus tard, tout est revenu. Tu t’es senti·e coupable, tu t’es dit que tu manquais de volonté. Et si je te disais que ce n’est pas toi le problème? Qu’il existe de vraies raisons physiologiques, psychologiques et hormonales qui rendent la perte de poids — ou sa stabilisation — difficile, même quand on fait tout « bien » ? Cet article va te les expliquer, et surtout te montrer comment agir autrement.
1. Les hormones : ton corps se défend contre le changement
Quand tu perds du poids, surtout rapidement ou via une forte restriction calorique, ton corps déclenche des signaux pour protéger ce qu’il considère comme un état de « survie ».
Une étude importante menée par Priya Sumithran et al. (2011) a montré que chez des personnes obèses, après un régime très hypocalorique (10 semaines), les hormones de satiété comme la leptine, le peptide YY, la cholecystokinine, ou l’insuline diminuaient, tandis que la ghréline (hormone de la faim) augmentait.
Ce qui est marquant : ces modifications hormonales persistent un an après la perte de poids — même si tu ne te prives plus autant. Autrement dit, ton corps continue de te pousser à manger plus, à avoir plus faim, et à conserver un métabolisme ralenti.
2. La théorie de la restriction cognitive : contrôler ça fragilise
Au-delà du corps, il y a ton cerveau. Beaucoup de régimes reposent sur l’idée : “je vais limiter drastiquement ce que je mange, ne pas toucher tel aliment, tenir les portions, etc.” Cette restriction cognitive est épuisante.
Selon la Restraint Theory de Herman & Polivy, quand tu te restreins beaucoup (diète, règles alimentaires strictes), tu es plus vulnérable à ce qu’on appelle la prise alimentaire « compensatoire » ou l’“overeating” quand tes défenses s’affaiblissent, par exemple à cause du stress, de la fatigue, ou d’une envie incontrôlable.
Dans une étude de Polivy & Herman (2020), les “restrained eaters” (ceux qui se surveillent strictement) rapportent plus souvent des épisodes où ils mangent “trop” comparé à ceux qui ont moins de règles autour de l’alimentation. Ces épisodes ne signifient pas un manque de volonté, mais plutôt une réaction normale dans le contexte d’une restriction prolongée.
3. Tenir un régime malgré un métabolisme ralenti : un vrai défi
Quand tu perds du poids, ton corps consomme moins d’énergie au repos (métabolisme de base diminue), mais aussi dans les activités quotidiennes (on bouge souvent moins sans s’en rendre compte). Ce phénomène s’appelle thermogenèse adaptative. Ton corps essaie de conserver l’énergie.
Greenway et al. (2015) rappellent que maintenir une perte de poids exige souvent de lutter contre ces adaptations métaboliques, ce qui demande plus d’efforts — non seulement sur l’alimentation, mais sur le mode de vie global (activité physique, sommeil, stress)
4. Le contexte psychologique et environnemental : ton environnement ne t’aide pas toujours
Stress, émotions, fatigue : quand tu es stressé·e ou épuisé·e, tu cisèles moins bien tes choix alimentaires, tu cherches du réconfort dans les aliments gras/sucrés.
Disponibilité des aliments ultra-transformés : ils sont partout, très accessibles, hautement palatables — ça rend l’équilibre difficile à tenir.
Règles sociales et culturelles : repas en famille, sorties, habitudes culturelles peuvent aller à l’encontre des “règles du régime”.
L’étude Beyond Calories: Individual Metabolic and Hormonal Adaptations (Theodorakis et al., 2024) rappelle que la variabilité des résultats en perte de poids s’explique pour beaucoup par ces facteurs non seulement physiologiques, mais aussi comportementaux et environnementaux.
5. Pourquoi ce n’est pas de ta faute
Parce que ton corps répond biologiquement à la perte de poids. Ces réactions ne sont pas dues à un manque de volonté, mais à des processus physiologiques normaux.
Parce que ton cerveau n’est pas conçu pour suivre des règles rigides toute la vie — la restriction cognitive et les signaux de famine finissent tôt ou tard par peser.
Parce que tu vis dans un environnement obesogène, qui favorise la surconsommation, la facilité, le plaisir immédiat.
6. Ce que tu peux réellement faire pour tenir sur le long terme
Voici quelques pistes, fondées sur les études, pour améliorer tes chances :
Stratégie | Ce que les études recommandent / ce qui fonctionne |
|---|---|
Réduire progressivement plutôt que faire un régime ultra strict | limiter la baisse calorique trop abrupte permet d’atténuer certains effets hormonaux et métaboliques |
Inclure des aliments que tu aimes, éviter l’exclusion totale | permet de réduire les épisodes “je craque”, de garder le plaisir sans culpabilité |
Se concentrer sur les habitudes de vie, pas seulement les calories : sommeil, gestion du stress, activité physique régulière | tous ces facteurs influencent les hormones, la faim, le métabolisme |
Régime souple, flexible : des plages de “récompense” contrôlée, des ajustements selon les situations sociales ou émotionnelles | |
Support (coaching, groupe, suivi professionnel) pour garder la motivation et s’adapter aux difficultés |
7. Exemple concret : scénario
Imaginons Clara, 30 ans. Elle décide de perdre 10 kg. Elle commence un régime très pauvre en calories, élimine presque tous les desserts, réduit les portions, etc. Après 6 semaines, elle a perdu 8 kg. Mais elle commence à avoir très faim, elle est fatiguée, elle rêve de chocolat. Un week-end, un dîner entre amis, elle craque — mange plus que prévu — elle culpabilise. Elle finit par lâcher, reprend 5 kg, puis encore quelques semaines de diète, etc. Effet yo‑yo.
Ce scénario est très répandu. Ce n’est pas un manque de volonté, mais un cocktail : hormones qui poussent à manger, métabolisme ralenti, restriction cognitive trop forte, impossible à tenir socialement sur le long terme.
Conclusion
Tu n’arrives pas à tenir un régime non pas parce que tu es “faible”, mais parce que ton corps et ton cerveau font leur travail — celui de t’empêcher de mourir de faim si tu te restreins trop. Ce sont des mécanismes de survie, d’homéostasie, et de plaisir qui entrent en jeu. La bonne nouvelle, c’est qu’on peut apprendre à travailler avec ces mécanismes plutôt que de les combattre.
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